Sur la route d’Epupa, nous nous arrêtons en bord de piste pour visiter une école. Nous constatons le manque de moyens, le plus grave étant de voir à notre arrivée des enfants regarder leurs copains manger le porridge car leurs parents n’ont pas payé. Nous avons laissé un peu d’argent en réclamant qu’on leur serve un repas et espérons qu’ils l’ont bien eu. La plupart des gamins dorment à l’école soit par terre, soit dans le dortoir qui nous a fait pensé à une prison, un peu comme le S21 au Cambodge. Les classes quant à elles manquent de tout, c’est un bureau pour trois, parfois le plateau du bureau est par terre et les sièges n’ont pas toujours de fond. Les enfants nous ont réclamé des stylos, des couvertures, des tee-shirts, des chaussures et aussi des bonbons. Nous avons remis tous les stylos dont nous pouvions nous démunir aux maîtresses. Cela a été un choc pour nous et les enfants, d’autant plus important que ces enfants débordaient d’amour. C’était à celui qui nous souriait, nous prenait la main ou nous touchait les cheveux. Même si ils voient des blancs sur la route, jamais ils ne s’arrêtent et ils ne s’étaient pas encore permis de les toucher.